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1978 - PROTECTION DU CHEVAL : LES «LIMITES» DE L'ENDURANCE

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L'équitation, de nos jours, se diversifie dans ses modes d'expression. Cela est certain. Mais, pour se renouveler, elle ne fait souvent que retourner involontairement à ses sources, retrouver d'anciennes pratiques.

Les raids d'endurance, par exemple, ne sont pas une nouveauté. On en était déjà friand au temps des cavaleries militaires. Il est vrai qu'à cette époque, l'optique n'était pas la même. La motivation sportive cédait le pas à la préoccupation guerrière: il s'agissait d'aguerrir les chevaux et de tester leur résistance. Et déjà, cela n'allait pas sans abus.

Un certain raid Bruxelles-Ostende, en 1902, au cours duquel 20 chevaux périrent, est resté, à cet égard, tristement célèbre (voir l'I.H. n° 239, octobre 1977). C'est un officier français, le lieutenant Madamet, du 13e Dragons, qui avait remporté l'épreuve, en couvrant 135 kilomètres en 6 heures 54.

Mais - preuve que l'on peut pratiquer ce genre de compétition sans cesser de respecter son cheval- le lieutenant Madamet avait également remporté le prix destiné à récompenser le cheval ayant le moins souffert du raid. Comme quoi l'entraînement, patient et rationnel, peut faciliter bien des choses.

Que, là comme ailleurs, les excès soient imputables à la folie humaine, à la gloriole, au désir de paraître, bref à tout l'aspect négatif de la compétition, c'est certain. Mais il y a sans doute plus.

Dans un raid, la tentation est plus grande qu'ailleurs «d'estrapasser» son cheval. On peut s'y croire autorisé par le but même de l'épreuve. Car il faut bien avouer que la notion d'endurance est ambiguë. Être endurant, c'est savoir résister à la fatigue. Mais c'est aussi savoir souffrir.

Jusqu'où doit aller la «souffrance» à infliger à un cheval pour tester son «endurance». ? Voilà qui pose un grave problème d'éthique cavalière.

Et puisqu'en matière d'épreuves d'endurance, la tentation est plus grande qu'ailleurs, d'abuser des chevaux, la nécessité d'une réglementation précise y est plus impérieuse encore. C'est à cet effort de réglementation que vient de s'adonner le Comité National des Raids Équestres d'Endurance.

Quelle que soit, dans ce domaine, la représentativité réelle de ce Comité - dans une discipline en plein «avenir» et qui se «cherche» encore il s'agit là d'un travail sérieux, «en profondeur». Ce travail a la préoccupation de la «protection du cheval», préoccupation très actuelle, à laquelle l'I.H. est également très sensible. A ce titre, il mérite d'être cité, et même mis en exergue.

L'essentiel en subsiste dans la réglementation définitive - à intervenir - des épreuves d'endurance.

La réflexion du Comité National des Raids Équestres d'Endurance a porté principalement sur deux points:

    1. La définition des contrôles vétérinaires.
    2. La réglementation des épreuves d'entraînement.

Les critères de contrôle peuvent se définir en critères de type A et critères de type B.

Les premiers sont observables par tout homme de cheval, vétérinaire ou non.

Ils sont au nombre de trois:

  • rythme cardiaque;
  • rythme respiratoire;
  • inversion des deux rythmes.

Les seconds - les critères de type B - sont du domaine réservé de l'art vétérinaire: anomalie des bruits cardiaques, état de déshydratation, boiteries, etc.

Lorsque des critères de type A justifient une qualité, l'avis d'un seul vétérinaire est suffisant. Par contre, l'avis des deux vétérinaires est nécessaire lorsqu'ils interviennent des critères de type B.

Quelles sont, de façon plus précise, les exigences auxquelles un cheval doit satisfaire lors d'un contrôle, au cours d'une épreuve?

 

Quels que soient le rythme cardiaque et le rythme respiratoire à l'arrivée au point de contrôle, ils doivent être descendus, à l'issue de 20 minutes de «récupération», à 80 battements-minute pour le premier, et 60 battements minute pour le second.

Si ces chiffres ne sont pas respectés, il y a prolongation de l'arrêt de 10 minutes. Ces dix minutes sont comptées comme temps de course, et non comme temps de repos.

Les chevaux en «inversion» à l'arrivée au point de contrôle (le rythme respiratoire étant supérieur au rythme cardiaque) ne seront pénalisés que si cette inversion des deux rythmes persiste après la période de «récupération» de 20 minutes. Dans ce cas, ils seront automatiquement retirés de la course.

Pour les critères de type B, la seule pénalité prévue est la mise hors course.

Cette décision est prise à l'issue d'une concertation entre les deux vétérinaires contrôleurs et la direction de la course. Le Comité National de Raids d'Endurance a aussi réglementé les courses d'entraînement. Il en a d'abord défini le but : la régularité.

Les courses d'entraînement sont des épreuves de régularité, et non des courses proprement dites.

Il en a ensuite fixé les grands traits: circuits de 50 à 80 kilomètres, entièrement balisés, comportant au moins trois contrôles vétérinaires :

  • avant le départ ;
  • au cours d'un arrêt de 20 minutes entre le km 20 et le km 25.
  • après l'arrivée.

Le Comité National des Raids d'Endurance a ensuite fixé l'enjeu de ces courses d'entraînement.

Les concurrents devront, avant le départ, choisir leur moyenne, entre 12 et 15 kilomètres à l'heure. Seront retenus tous les concurrents arrivés à plus ou moins cinq minutes de leur temps idéal. Ils seront classés - par le jury et les vétérinaires - en fonction des critères suivants :

  • conditions physiques du cheval;
  • aptitude du cavalier à la pratique des raids d'endurance.

Le fonctionnement des contrôles a également été défini. Ils seront effectués par des vétérinaires placés sous la responsabilité d'un commissaire. La décision des vétérinaires sera sans appel. Les vétérinaires vérifieront le rythme cardiaque, le rythme respiratoire, la température du cheval, l'état des membres.

L'arrêt à mi-parcours sera de 30 minutes, avec un premier contrôle en début d'arrêt, l'autre 20 minutes plus tard. Un dernier contrôle aura lieu après l'arrivée, à l'issue duquel, éventuellement, un cheval pourrait ne pas être autorisé à rejoindre son club. Ajoutons pour mémoire que seuls des prix en nature (souvenirs, pièces de harnachement), objets d'art, etc. pourront être distribués à l'issue de ces épreuves d'entraînement à l'endurance. Cela n'a sans doute qu'un rapport indirect avec le thème de la «protection du cheval». Rend-on les cavaliers plus sages en supprimant l'appât du gain? Ce n'est pas sûr. Quand le cheval devient un «capital», on a envie de l'économiser.

Mais cela place ces courses d'entraînement, de façon indiscutable, sous le seul signe du «sport».

Ce qui est bien sympathique.

Signalons pour terminer que ce travail de réglementation s'accompagne de propositions concrètes pour l'entraînement, qui s'étage sur quatre mois, et qui peut permettre de passer d'une promenade de 3 heures à moins de 10 km/h à partir du quatrième mois.

Rédaction I.H.

D'après documentation fournie par le Comité National des Raids Equestres d'Endurance
présidé par M. Pierre Passemard




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